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Enquête réalisée pour le cabinet Robert Half

Une étude menée pour Robert Half montre que la sieste au travail trouve de plus en plus d’adhérents en France.

La Constitution chinoise inscrit «Tout travailleur a droit à la sieste», Google a aménagé un espace relaxation pour ses salariés, la sieste est obligatoire dans de nombreuses entreprises japonaises… les autres pays l’ont compris: la sieste au travail est bénéfique. En France, cette pratique garde une connotation négative, renvoyant une image de paresse et d’inefficacité. Toutefois, les esprits évoluent face aux études de plus en plus positives sur le sujet.

Selon une enquête réalisée pour le cabinet Robert Half en décembre 2013 mais qui vient juste d’être rendue publique, 47% des directeurs ou responsables administratifs et financiers dans l’Hexagone sont plutôt favorables à l’instauration d’une sieste de moins de 20 minutes sur le lieu de travail, 17% trouvent la proposition acceptable, contre 36% qui la considèrent encore farfelue. La cause évolue donc dans les esprits. Certaines entreprises pionnières ont commencé à installer des salles de sieste en France. C’est le cas de Novius, agence Web, qui en a installé une dans ses locaux depuis 2007. Un Bar à Sieste a même ouvert dans le passage Choiseul à Paris. «On peut imaginer que la sieste, qui était inenvisageable au travail il y a encore peu, devienne progressivement une pause acceptée voire recommandée», remarque Olivier Gélis, directeur général de Robert Half France.

Pas de honte à avoir

19% des salariés français avouent s’assoupir en cachette au bureau, selon une enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance. Sur Internet, de nombreux sites référencent encore les astuces pour faire un «petit dodo» sans se faire repérer par son patron. Derrière l’ordinateur, en lisant un dossier, ou durant la pause déjeuner, tous les moyens sont bons pour arracher une minute de repos à l’abri des regards des supérieurs… Mais nul besoin de se cacher, «la somnolence après le déjeuner est naturelle. C’est un besoin biologique contre lequel on ne devrait pas lutter», expliquait au Figaro Eric Mullens, médecin somnologue, il y a quelques mois.

Une sieste est donc bénéfique durant les heures de travail. Russell Foster, professeur à l’université d’Oxford, a démontré que nous avons perdu en moyenne une à deux heures de sommeil depuis les années 1950. Ce manque pèse sur la performance des travailleurs. Les troubles du sommeil causent une perte de productivité considérable aux États-Unis par exemple, coûtant au pays 63 milliards de dollars par an et 7,8 jours de travail par salarié. Cette pause pourrait éviter certains arrêts-maladie et améliorerait notre concentration, notre mémoire et notre attention. Un petit somme de 20 minutes suffirait même pour diminuer le stress et l’épuisement. Après tout, Homère disait bien que «l’excès de sommeil fatigue». Pas de honte à avoir donc, si l’envie vous prend de «piquer du nez» au bureau!

Source : http://www.lefigaro.fr/vie-bureau/2014/07/03/09008-20140703ARTFIG00125-la-sieste-au-travail-une-cause-qui-progresse.php#